Journal de l'autre bord



mercredi 31 décembre

Un homme inverti en vaut deux.

Il m'avait semblé, pourtant, en être totalement affranchi.

Plus d'un an sans l'avoir jamais revu, un séjour psychiatrique, beaucoup de conviction et des centaines de substances plus tard, Lo était enfin sorti de mon coeur comme on quitte un jour ses parents, c'est-à-dire pour ne plus jamais y revenir. Du moins en théorie. Car c'est bien cela l'ennui. Foin de besoin, seulement de la curiosité, cette semaine, savoir ce que ce gars-là était devenu, ce que, surtout, il pouvait encore penser de moi. Du bien, du mal, rien ou quelque chose... mais quoi ?

Alors un mail ; laconique mais suffisant, façon Téfal, le genre qui n'attache pas. Et une réponse, charmante, surprenante, tentante : un mea maxima culpa, la honte d'avoir fait de moi et de mon âme l'autodafé le plus luxueux et le moins justifiable de sa vie. Les regrets du mal (mâle ?), ceux qui empêchent les éventuelles dispositions dynamiques qu'un peu de tendresse laisseraient le loisir de prendre librement dans d'autres circonstances moins torturées.

On s'est donc écrit. On s'est donc revu. Et il m'a encore plu... hélas.

Pourquoi ce matin me jeter ainsi sur ma boîte de Pandore cybernétique dans l'espoir pas même fou d'y trouver un mail intéressant ?

Parce que, voilà : si je n'y prends garde, Toréador, c'est reparti comme en quarante, à la guerre comme à la guerre, celle des sens qui s'emmêlent, celle qui fait de ses pauvres neurones un tohu-bohu impromptu, parfaitement improvisé. Encore que, question, improvisation... J'aurais dû m'en douter : désaime-t-on vraiment les douces vestales du passé, les rêves agonisés qui, réflexion faite, n'en finiront jamais de mourir ?

Pas assez renégat pour cela, alors... Le temps n'a rien fait à l'enfer : je l'aime je ne l'aime plus.

Mais Lo est avec quelqu'un ; jeune histoire, dont je n'ai pourtant pas senti la flamme, mais elle paraît lui tenir à coeur. Et une fois de plus, je suis Poulidor dans l'âme. Je devrais rouler avec des béquilles si je devais frayer l'amitié en sentant renaître en moi les désirs les pires (les meilleurs en fait, les plus nobles, mais ça, c'est seulement dans les situations où ils sont partagés).

Alors, la sage résolution, en bonne Bridget que je suis, pour ce début d'année : j'arrête de courir à bout de souffle après Halley.

J'attendrai simplement qu'elle repasse. Et qu'elle soit libre, une fois pour toutes.

Dont acte.


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De luXe au clavier à 22:53

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Après le Horla, la vie. Dusse-t-elle être plus gay que je ne l'aurais souhaitée... ou moins, d'ailleurs... Un peu comme une messe quotidienne, avec une quête certaine... de(ux) sens.
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